@@ Comédie. Durée 2h
"Batailles", au Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin Roosevelt, Paris 8e. M° Franklin D. Roosevelt, station Vélib (8031) 2 rue Jean Mermoz. Tél. 01 44 95 98 21. Jusqu'au 20 avril à 21h. Texte aux éditions Actes Sud-Papiers. Photo © Brigitte Enguerand.
"Quand je pense que j'étais parti sur un fringant navire pour une croisière idyllique en compagnie de mon amour, la baronne von Karpputzoff et que je me retrouve en haillons, faisant le gué sur un radeau pourri gouverné par une brute matérialiste, qui de plus est le sosie de ma bien-aimée, mais finalement c'est peut-être ça la vie..." "Batailles" de Jean-Michel Ribes et Roland Topor.
La bataille semble déjà terminée. Un radeau qui tangue sur une mer agitée, deux rescapés "médusés", quelques objets sauvés des flots... Mais pourtant, ça ne fait que commencer. Et quelle(s) bataille(s) ! Dans une première joute livrée en haute mer, Pierre Arditi et François Berléand nous livrent un duo hilarant de haut vol. Savoureux en aristo précieux et décalé de première classe, Pierre Arditi trouve en François Berléand, barman du salon des deuxièmes classes et surtout compagnon d'infortune sur la frêle embarcation, un adversaire coriace qui ne partage pas avec lui le goût de la prose, surtout lorsqu'il s'agit de rédiger un message de SOS. Ces deux vieux loups de mer des planches s'en donnent à coeur joie, et nous mènent en bateau sans problème. Surtout lorsque le texte est signé de deux autres capitaines au long cours, Jean-Michel Ribes et de son défunt complice Roland Topor, la mise en scène dirigée par le même Jean-Michel Ribes, et les décors magnifiques assurés par Jean-Marc Stehlé. On ne risque pas d'oublier sa statue kitsch et bucolique de nymphette alerte, transformable en bar !
En trois batailles, - en mer, à la montagne et à la campagne -, et deux interludes campés par une irrésistible Tonie Marshall, femme trompée et complètement allumée, on nage dans un plein absurde réjouissant, porté par trois comédiens inspirés. Je ne peux que vous recommander vivement cette pièce bien inscrite dans "le rire de résistance" autour duquel Jean-Michel Ribes a construit sa nouvelle année au Rond-Point. Un coup de becK malgré tout ? Alors j'avoue ma préférence pour sa précente pièce Musée Haut, Musée Bas qu'il vient d'adapter pour le cinéma, et je regrette une petite inégalité entre tous les tableaux de ces Batailles. Mais je dépose les armes, et vous livre en cadeau en un clic, la photo de la nymphette gréco-kitsch.
Photo © Brigitte Enguerand.
Où sortir après la pièce ? Pierre Arditi, qu'on retrouvera sur la scène du théâtre Edouard VII en septembre, avec Faisons un rêve, nous livre ses adresses.
Le restaurant du Théâtre du Rond-Point. Tél. 01 44 95 98 44. "C'est l'évidence même. C'est sur place, pratique, assez varié et sympathique. On peut casse-croûter ou manger plus sophistiqué. Et après la pièce, on peut échanger avec les comédiens qui sont souvent là pour manger ou boire un verre."
Le Stresa, 7 rue Chambiges, tél. 01 47 23 51 62. "Là, c'est si on a du fric. C'est un restaurant italien cher mais divin, à quelques minutes à pied du Rond-Point. Mais on peut juste y manger leur petite pizza à la pâte feuilletée, rouge à la tomate, ou blanche, à l'huile d'olive, avec même des truffes blanches selon la saison."
Le Bar des théâtres, 6 av. Montaigne, tél. 01 47 23 34 63. "Il n'est pas loin non plus, en remontant l'avenue Montaigne. C'est une brasserie agréable et un peu chic, en face de la Comédie et du Studio des Champs-Elysées. Ils ont un admirable steak tartare."


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