@@@ Seul en scène. 1h30
"Elles" à la Pépinière théâtre, 7 rue Louis Legrand, Paris 2e, tél. 01 42 61 44 16. Du mardi au samedi à 21h, samedi à 16h. De 26 à 36 euros. De François Rollin et Jean-Jacques Vanier, mise en scène François Rolin, avec Jean-Jacques Vanier.
Comment y aller ? Métro Opéra, station vélib 1-3 rue Daunou (2014).
"Si j’arrivais à fabriquer un bébé dans mon ventre, je crois que ça m’aiderait à comprendre ce qu’éprouvent les femmes, et comment elles voient le monde. Bon : un bébé, trop compliqué, c’est même pas la peine d’y penser ! Ce n’est même pas la peine d’en parler ! Alors j’ai décidé de créer quelque chose, et que la création de ce quelque chose, sa fabrication, me prenne, non pas une heure et des poussières comme c’est le cas quand je fabrique un bébé avec ma femme, mais neuf mois, comme ma femme. A deux ou trois jours près. Après avoir consulté un certain nombre de spécialistes, j’ai donc entrepris de fabriquer, en neuf mois, à deux ou trois jours près… un petit écureuil en pâte à modeler. En faisant bien attention de ne pas aller trop vite, pour ne pas faire un écureuil prématuré. En rajoutant un tout petit bout chaque jour, un bout d’oreille, un bout de patte… J’ai merdé ! Je me suis pris de passion pour cette activité, et en quatre jours, mon écureuil était fini. En un mois, j’avais fait tout les animaux de la forêt en pâte à modeler… et je ne comprenais pas mieux ma femme, je la comprenais même moins bien : je ne comprenais pas pourquoi elle disait : « Tu commences à gonfler tout le monde avec ta pâte à modeler ! ». Elle, elle s’offre neuf mois de grossesse, je ne dis rien… moi je fais un mois de pâte à modeler, c’est le drame."
Comprendre les femmes en se mettant dans leur peau ! Voilà le nouveau défi que s'est lancé Jean-Jacques Vanier avec "Elles", son nouveau spectacle à l'affiche de la Pépinière Opéra. Et l'on n'est pas décu ! L'air de rien, avec ses airs de Pierrot tout étonné d'être tombé de sa lune, l'humoriste touche juste et file sa démonstration, subtil et drôle, - deux adjectifs rarement aussi compatibles dans le genre.
Et pourtant, les premières minutes peuvent laisser circonspect. Mais qui connaît Jean-Jacques Vanier sait que le chemin de ses pensées n'est pas une ligne droite. Je parlerais plutôt d'un labyrinthe plein de disgressions, d'idées qui en entraînent d'autres, d'interrogations qui amènent l'homme encore plus loin. Mais on peut lui faire confiance, il sait bien où il va, et ses échappées belles ne sont pas si incongrues que ça.
Ainsi, ne soyez pas surpris que pour nous parler des femmes, il commence par aborder sa difficulté d'acheter des chaussures et de trouver le bon magasin, des nichons de la vendeuse ou de l'appartement de son copain Daniel ! C'est alors que parler des femmes devient une évidence, le seul moyen de s'en sortir, un alibi quasiment existentiel ! Incontournable en ce début de rentrée.
Prochaine critique, "La Trilogie de la Villégiature" de Goldoni au Théâtre du Nord-Ouest
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